LE MARATHON DES SABLES 2009

Témoignage de Francky

MDS, mes souvenirs,

 

▪ 1999, j'achète ma première paire de running et une revue spécialisée pour apprendre à m'en servir. Je feuillette quelques pages et tombe sur le récit d'une course par étape qui se déroule dans le désert  Marocain. Je dévore l'article et me dis qu'il faut être complètement barjot ou sacrément costaud pour se lancer dans ce genre de folie. Mais le mal est fait et dès lors une idée m'obsède et je me dis "quand je serai grand, j'irai, je verrai et je vaincrai".

▪ Avril 2009, je me retrouve au milieu de nulle part avec juste un petit sac à dos plein à craquer, mais qui sera mon bien le plus précieux pour les 7 jours qui vont suivre. J'y suis enfin, le MDS, mon "GRAAL", j'exulte, je savoure ces instants magiques d'avant course, mais j'appréhende aussi énormément cette épreuve mythique à laquelle je vais frotter ma maigre carcasse.

▪ Mais que ce fut dur d'aller en découdre avec les dunes et la rocaille des regs. Eh oui, 2009 était l'année où les intempéries avaient transformées le désert en plage Bretonne à marée basse. Report du départ, rumeurs d'annulation pure et dure de la course, moments vraiment difficiles à vivre psychologiquement.

▪ Heureusement, les éléments se sont calmés et l'organisation a réalisé un véritable miracle pour maintenir l'épreuve dans des conditions de sécurité parfaite et lancer 800 furieux et furieuses dans ces décors somptueux du désert Marocain.

▪ C'est donc gonflé à bloc qu'avec mon pote Philippe (dit oui-oui pour les intimes) je me suis lancé à l'assaut des magnifiques dunes de Merzougga. L'euphorie ne dura pas longtemps car la réalité de la course me rappela  rapidement que le sable c'était mou et que le sac, surtout en ce début d'épreuve, c'était lourd. Quelques heures plus tard, premiers souvenirs emmagasinés, je faisais la découverte de la vie en bivouac, certes sympa mais plutôt light côté confort.

▪ Une fois libéré de ma "coquille raidlight", un rituel s'est instauré rapidement, regarder s'il n'y avait pas de bobos au niveau des pieds,  faire un brin de toilette pour essayer de ressembler à quelque chose et surtout l'essentiel, se reposer, récupérer car les étapes allaient s'enchaîner et je ne savais pas comment allaient réagir mon corps (pas de souci pour la tête car je me savais très fort mentalement), d'autant que je n'arrivais pas à dormir la nuit car il faisait vraiment très froid (contraste énorme avec la température de la journée).

▪ Les étapes se sont donc succédées et je me suis surpris à sentir mon corps s'adapter à ce régime et mes sensations s'améliorer de jour en jour. J'ai ainsi pu savourer chaque instant en remerciant ma bonne étoile de me protéger physiquement, car autour les défaillances commençaient à apparaître et le service médical devait s'employer pour réparer les pieds, parfois en piteux état, de concurrents courageux qui malgré la souffrance repartiraient le lendemain.

▪ Et puis ce fut la der et le franchissement tant espéré de l'arche d'arrivée, avec un mélange de joie et de satisfaction d'avoir vaincu ce monument de la course à pieds, mais aussi de tristesse de savoir que le rêve s'achevait et qu'il allait falloir revenir à la réalité de notre société de consommation bien fade au regard de l'expérience que l'on venait de vivre, loin des vicissitudes d'une société de consommation  où les vrais valeurs n'ont pas autant de sens qu'au fin fond du désert.

 

 

 

 

▪ De ce périple, je ne garde que de bons souvenirs et des images qui restent gravées à jamais dans ma mémoire, comme ces paysages splendides, ces gens qui sortent de nulle part et qui vous encouragent, un mec en 103 SP au milieu des dunes, des gamins qui courent à tes côtés et que tu combles en leurs donnant juste un gel ou un gâteau, ce serpent lové derrière un caillou au milieu de la piste où passe tout le peloton qui s'arrête pour le photographier, ce concert magique au clair de lune, donné par une diva divine qui envoûte les coureurs fatigués …

▪ Pour conclure, je dirais que le MDS, tu mets parfois longtemps pour y aller, mais quand tu y vas, tu n'en reviens jamais complètement  et tu ne penses qu'à une chose, y retourner !!!

 

                                                                                                                    Francky

 

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